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Music in dreams a été crée à Paris en 2009 par Julien Discrit et Thomas Dupouy. Cette collaboration est née d’un désir d’expérimentation sonore et musicale prenant le rêve comme sujet de recherche. Basée sur l’étude d’une université italienne, cette première forme de la performance explorait la musique telle qu’est pourrait être perçue au sein des rêves, dans un lent processus de déconstruction et de déformation.
Le projet est réactivé en 2012 et s’étend à la notion de sommeil dans son ensemble. Une collaboration est alors lancée avec le Laboratoire du sommeil de l’Hôtel-Dieu à Paris. Celle-ci aboutie à une nouvelle forme de la performance, qui utilise désormais les relevés électro-encéphalographiques comme source essentielle de production de son. Ceci est rendu possible par l’utilisation d’un synthétiseur modulaire pouvant être piloté ou non par les deux artistes, sous une forme performative ou sous forme d’installation sonore.

Le projet Music in dreams s’inscrit dans les travaux d’Alvin Lucier, Pierre Henry et Roger Lafosse et de tout un pan de la musique électronique et expérimentale des années 60 -70 représenté notamment par La Monte Young et sa « dream house ».
Music in dreams s’est déjà produit à la galerie Martine Aboucaya en 2010, au Club Silencio à Paris en 2013 et participe à l’exposition Pléiades, 30 ans des FRAC aux Abattoirs de Toulouse en septembre 2013.
Le projet propose une expérience sonore et musicale faisant entendre ce que pourrait être une musique produite directement par le cerveau, durant le sommeil. Conçue comme un concert autant qu’une performance, Music in dreams s’appuie sur des données scientifiques collectées lors du sommeil (Électro-encéphalogramme, autrement appelées EEG) et transformées en sons à l’aide d’un synthétiseur modulaire.

Le point de départ de ce projet est un questionnement sur ce que peuvent être la nature et le contenu d’une perception sonore et musicale au sein des rêves. Cette interrogation s’est accompagnée dès le début d’une
volonté de concevoir une performance sonore capable de reproduire, sur la base d’observations scientifiques, une musique répondant aux spécificités de l’expérience onirique. C’est-à-dire non pas la musique des rêves mais
bien une musique rêvée.

hypogramme

Le caractère profondément immatériel et abstrait de la musique trouve dans les rêves une manifestation d’autant plus mystérieuse qu’elle n’a aucun support. En effet elle est directement produite par le cerveau et non captée
par l’oreille puis transmise par signal électrique vers des récepteurs, comme c’est la cas habituellement lors de l’éveil. Elle se crée à partir de souvenirs, de déformations et parfois de pures inventions. De plus sa description consciente par les mots, ou sa restitution par le chant ou la musique est toujours a posteriori, donc déformée, fuyante. Comme le dit Paul Valéry :

« Le rêve est une hypothèse, puisque nous ne le connaissons jamais que par le souvenir, mais ce souvenir est nécessairement une fabrication »

Si l’univers onirique a été largement abordé par la psychanalyse au travers de l’interprétation des rêves notamment, cela s’est généralement fait par une attention portée quasi exclusivement à l’image et au visuel en général. Les figures récurrentes et parfois universelles de certains rêves sont bien connues, mais il n’en est pas de même pour le sonore. Il semble établi que l’occurrence de rêves où la musique joue un rôle central est faible dans la majeure partie de la population.

C’est ce que révèle une étude publiée en 2006 par l’université de psychologie de Florence qui a tenté en outre de définir une typologie de cette « musique dans les rêves.» Après avoir interrogé un certain nombre de volontaires, divisés en deux groupes (musiciens et non- musiciens), cette étude à déterminé trois catégories permettant de classer les expériences musicales vécues au cours du sommeil. Cet outil statistique a permis de démontrer la proportion de telle ou telle catégorie par rapport au total des occurrences.

Cette division en trois catégories distinctes a constitué la base de la première performance qui fut jouée à la galerie Martine Aboucaya, en février 2009. L’objectif fut d’illustrer ses trois états en déformant, filtrant, ralentissant différents morceaux jusqu’à arriver à une musique inconnue, c’est-à-dire improvisée et spontanée.

musiquedanslesreves

Aujourd’hui le projet se poursuit et évolue en élargissant ses recherches à l’ensemble du sommeil et non plus uniquement aux rêves proprement dits. Il s’est construit en relation étroite avec le Dr. Metlaine et le Dr.
Elbaz, tous deux chercheurs au Laboratoire du Sommeil de l’Hôtel-Dieu de Paris.

Cette collaboration a permis de mettre en place un protocole qui respecte au plus près les différentes phases du sommeil et l’activité cérébrale correspondante.

Le sommeil est caractérisé par la répétition de cycles composés de différentes phases : l’éveil, le sommeil lent, le sommeil lent profond et le sommeil paradoxal.

La performance propose donc une expérience sonore reprenant tout le cycle et obéissant à ses différentes phases. Il s’agit alors de mettre en sons ce qui se passe au sein même du cerveau, et cela à partir de données scientifiques (EEG) tout en tentant également d’y associer ce qui se joue à l’intérieur des rêves, principalement lors du sommeil paradoxal.

Concrètement, la musique produite lors de la performance est le résultat d’une modulation générée par l’activité électrique cérébrale d’un patient, enregistrée lors d’une nuit de sommeil par l’équipe du laboratoire. Ceci est rendu possible par l’utilisation d’un relevé EEG, dont la lecture vient contrôler et moduler un synthétiseur. Celui-ci transforme donc les tensions électriques du cerveau en fréquences sonores audibles.